[Pas à Pas] Réalisation d’un agenda sur-mesure

Depuis que j’ai créé ma page Facebook , plusieurs personnes se sont montrées curieuses des différentes étapes menant à la réalisation d’un livre. J’ai donc décidé de prendre l’exemple d’un agenda sur mesure pour ce petit « pas à pas »

1ère étape : conception & mise en page

Je travaille d’abord sur la maquette du projet sur indesign puis l’imprime sur papier 100g à toucher lisse et brillant pour créer des « cahiers » : ici 4 pages par cahiers sur lesquelles figurent 16 « pages » de mon agenda. Cette étape, longue et minutieuse est essentielle, de même que le choix du papier, qui, pour moi contribue au rendu final – par sa texture, son toucher.

Une fois imprimés, pliés, je les mets sous presse pour au minimum une nuit

 

 

 

2eme étape : Grecquage & Couture

Après une nuit sous presse, je grecque les cahiers : c’est à dire dans un étau je scie légèrement l’emplacement où passeront les fils -cela permet de gagner du temps et d’avoir une couture bien régulière. Puis je prépare le cousoir, un grand cadre en bois dans lequel je fixe des lacettes qui serviront de soutien à ma couture.  La couture se fait cahier par cahier, en incluant ce que l’on appelle les pages de garde (les premières pages, vierges, qui serviront de protection au corps d’ouvrage)

 

 

3e étape : Endossure

Terme barbare pour désigner toutes les petites étapes qui vont permettre d’avoir un joli dos arrondi. Tout commence à plat avec un marteau pour frapper le dos et commencer à l’arrondir. Puis l’on place le livre dans un étau et avec un marteau on couche les cahiers les uns sur les autres. Cela renforce l arrondi et crée une « gorge » où s inséreront les cartons : les « mors » .
Blague de relieur : dans un livre il y a toujours 2 mors

Le dos sera ensuite renforcé par de la mousseline et plusieurs bandes de kraft et un soufflet (qui facilitera l’ouverture du livre). Pour protéger la tête et la queue du livre, on rajoute habituellement une tranchefile. Celle ci peut être brodée (j’adore!), en cuir (plutôt classe) ou bien mécanique (baaah) mais je vous expliquera cela un autre jour 🙂

Ensuite il faut mouler la carte à dos : il s’agit d’un morceau de carton souple que l’on va façonner directement sur le dos du corps d’ouvrage pour qu’elle prenne la forme exacte de celui ci. D’abord manuellement (en mouillant légèrement la carte et travaillant avec le plioir) puis sur l’étau. Cette étape est essentielle car elle permettra ensuite à la couverture de s’emboiter parfaitement sur le corps d’ouvrage.

Puis il faut coller les deux cartons qui serviront de couverture sur la carte à dos en prenant soin de laisser un petit espace au niveau des mors (l’unité de mesure classique est le « chouilla » mais les pointilleux laisseront exactement l’épaisseur du carton). Cela permettra l’articulation du livre.

4e étape : la couvrure et l’emboitage

(oui, le relieur aime le « -ure » et je vous ai épargné la « plaçure » et « l’apprêture » si vous voulez tout connaître le vocabulaire des relieurs allez voir ici)

Cette étape est, je trouve, la plus gratifiante, car cela commence enfin à ressembler à un livre . Je découpe les matériaux qui recouvriront le livre, ici du cuir -qui aura été aminci manuellement au préalable : la parure) et une bande de papier.

J’encolle le matériau de couvrure (et non pas le carton comme en cartonnage – attention au sens du papier!) avec de la colle d’amidon. J’aime beaucoup travailler avec ce type de colle car d’une part sa réalisation est très simple et rapide mais surtout elle est entièrement réversible.

Ensuite il faut laisser sêcher sous poids puis après quelques finition (égalisation des remplis etc), on peut enfin emboiter le livre. Pour cela, il faut encoller la première page largement la première page (toujours à l’amidon, pour pouvoir défaire en cas de problème – à nouveau, faites attention au sens du papier) puis claquer la couverture dessus d’un geste sec. Un passage bref sous presse (à percussion idéalement) on vérifie qu’il n’y a pas de pli et on laisse sécher à nouveau sous poids. Une fois le livre sec on le met sous presse….

 

Et voilà, une reliure bradel terminée …. qu’en pensez-vous ?

 

6 commentaires

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.