Album Photo sur mesure

Il y a quelques mois, G. me contactait pour me demander de réaliser un album photo sur mesure pour leurs photos de mariage. Ils s’étaient mariés il y a près de douze ans, mais, le format de leurs photos était incompatible avec la plupart des albums que l’on pouvait trouver dans le commerce. Je décidai donc de leur faire un album, à leur goût.

Au commencement, il y eut une bière et une maquette

La bière, ce fut pour prendre le temps de discuter de leurs souhaits, leurs gouts, comprendre ce dont ils avaient envie … A partir de là, je savais qu’ils voulaient du cuir, aimaient les coutures apparentes. J’ai donc associé dans ma maquette des tons doux à une « reliure secrète belge » qui aurait pour titre une calligraphie réalisée par leur fille.

Préparation des cahiers

J’ai tout d’abord taillé des feuilles (220g) et du papier translucide aux dimensions extra larges du projet : 40*40 tout en réalisant un « onglet de compensation » sur les feuilles afin d’anticiper l’épaisseur future de l’album, une fois les photos insérées.

Les cahiers ainsi réalisés ont passé quelques nuits sous presse chez un confrère relieur car leur taille dépassait de loin le format de ma toute petite presse! Puis, il fallut trouver une solution « à domicile » et je décidai donc de les mettre « sous presse », au sens littéral du terme !

C’est à ce moment là que j’ai fait une « erreur » qui m’a coûté des heures de travail ensuite : j’ai collé les cahiers entre eux afin d’en garantir l’alignement par un rognage….Même si je le regrettais ensuite cela me permit également de réaliser une tranchefile cuir-soie, ce qui n’est pas courant sur ce type de reliure !

Préparation des plats

J’ai tout d’abord commencé par parer (ie amincir) deux peaux de chèvres nappa perle nacré avant de les coller sur mes plats et sur le dos.

Je pensai ensuite pouvoir faire une dorure à froid manuscrite comme celle que j’avais réalisée pour ma reliure de Hansi mais ce cuir irisé était imperméable. Or, pour faire une dorure à froid il faut humidifier le cuir puis écrire à l’aide d’un fer fin chauffé puis refroidi. Cette technique était donc impossible sur ce cuir.

Après plusieurs essais infructueux, je décidai de tester à tout hasard la gravure au laser, pour laquelle je venais de me former pour des projets personnels. Il m’a suffit alors de vectoriser l’écriture calligraphiée, puis de jouer avec les paramètres de la découpeuse laser (merci aux équipes du fablab ) pour ne pas bruler la peau. Le résultat fut stupéfiant!

Ensuite j’ai réalisé une mosaique de cuir avec de petites bulles de cuir multicolores que j’insérai, soit en inclusion, soit en superposition pour obtenir un effet de relief.


Reliure Secrète Belge

La semaine dernière, je vous expliquais comment réaliser une reliure secrète belge, c’est donc cette même technique que j’ai poursuivi : Assemblage des plats et du dos grâce à une couture bicolore asymétrique, puis couture des cahiers à l’intérieur de la couverture.

Cette dernière étape fut un défi dans la mesure où, comme j’avais au préalable collé les cahiers, je ne pouvais plus « facilement » y accéder lors de la couture, l’espace entre le dos et le cahier étant trop faible. Il me fallut 8h pour ainsi finir de coudre mon corps d’ouvrage (et encore, j’ai triché!)

Vint enfin la dernière étape, la création d’un rabat en cuir et l’apposition des papiers avec inserts floraux du Moulin Richard de Bas sur les contreplats .

Le Résultat

4 commentaires

    1. Merci ! Euuuuh pour le nombre d’heures, j’ai arrêté moi même de compter, à priori 7-8h pour la couture du corps d’ouvrage, 1h30 pour celle de la couverture, 3h de parure du cuir, une 10zaine d’heures pour les mosaiques de cuir (faire des ronds c’est super dur!), au moins 5h de découpe / pliage des papiers….je ne veux meme pas savoir ! ^^’

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